Panneau d'Affichage
Chargement...

Connexion




Mot de passe perdu?

Le Grand Escalier

Le Grand Escalier >> Monde Magique >> Pré-au-lard

Pages : <- 1 2

Lever le voile sur la réalité
Bienfaiteur du WHP
[Avatar]
Serdaigle
2e année
Titre : Re : Lever le voile sur la réalité
Créé : 22/01/2026 à 22:11:10 - Modifié : 22/01/2026 à 22:12:11

— Si tu penses que partir te fera du bien… alors pars. Je ne veux pas être la raison pour laquelle tu restes quelque part où tu étouffes.

Quelque chose se brise à l'intérieur du garçon.
"Pars."
C'est ce qu'il voulait, non ?
Mais pas comme ça.
Pas à ce prix.
"Pars".
C'est presque un ordre.
Un oui arraché de force.
"Pars"
Elle a ignoré ses murmures.
Ses allusions.
"Ca me va"
En alerte permanente, Lemony entend presque le craquellement intérieur de sa meilleure amie.

Je croyais ne jamais pouvoir souffrir plus que– mais je n'ai jamais connu un tel pic de douleur.

Pars. Pars. Pars.
A cet instant, quelque chose s'enraye à l'intérieur de son corps.
Il veut parler.
Il ne peut pas réfléchir.
Il y a juste la panique.

Le souffle lui a été coupé.
Pars, pars, pars, pars.
Ca tourne en boucle.
Son corps devient mou. Heureusement qu'il est déjà à terre.
Pas normal !
Il voudrait supplier Jade pour une autre potion miraculeuse. Mais il peut juste lever les yeux et il n'arrive pas à ouvrir la bouche.
Ses jambes lui font mal. Il ne peut plus se lever, les muscles ont lâché. Ses bras font mal.

Et même s'il panique, ce n'est pas une crise d'angoisse.
C'est une crise. Encore une. Une bizarre.
Il en a déjà eu. Mais personne n'a vu. Il était assis. Ou bien le Précepteur hurlait sur lui. L'enfant à terre était une donnée normale.
Crise bizarre. Très rare.
Et elle lui prend la parole chaque fois.

Mais cette fois elle peut lui prendre Thylas.
Non.
Il secoue la tête, et il serre sa main, et il supplie toujours.
— Pas. Partir. Te plaît.
Des mots éparses, qui ne veulent rien dire, qui n'expriment pas du tout ce qu'il ressent.
"Est-ce que tu te fermes ? Est-ce que tu me chasses ? Je ne veux pas partir. Je sais ce que tu veux dire par partir, et ce n'est pas ce que je veux faire."

Jade est figée par la sidération.
Elle n'a rien en réserve qui puisse aider son garçon.
Elle voit juste... la folie décrite. La noyade.
Cet enfant, devant Thylas, n'a pas douze ans et demis.

— Je-Pars-Pas, articule Lemony comme il peut. Je reste avec toi. Comprendre ? Je être plus loin, mais pas parti. Jamais. 'Te plaît.

Ils vont se détruire l'un l'autre.
Thylas va s'enfuir, tétanisée, persuadée qu'elle est responsable de l'état de Lemony.
Et Lemony va s'effondrer.

Quitte ou double.
La jeune Darkflare va s'enfuir. Jade n'a plus rien à perdre.
Elle prend Lemony dans ses bras, et elle pose une main très ferme sur l'épaule de la jeune fille. Passer pour la méchante ? Tant pis.
— Stop. Lemony, tu sais que je t'aime et que tu ne seras jamais seul. Thylas, tu sais que Lemony t'aime inconditionnellement. Ca suffit. C'en est assez de cette spirale.
Quitte à créer un incident diplomatique.
Quitte à faire hurler la jeune fille parce que la prise est forte. Jade sait comment empêcher quelqu'un de se dégager.
— Assez. Quiconque trouve ainsi une âme-soeur ne la laissera pas tomber. Vous pouvez faire énormément de choses, tant que vous êtes ensemble. Vous avez résisté contre vent et marées. Vous avez réuni dans la même pièce deux familles qui auraient aisément pu se déclarer la guerre, fut un temps. Même en ne vous voyant qu'une fois par trimestre, vous êtes restés inconditionnels. Vous souffrez. Vous savez que l'autre n'est pas responsable. Cette spirale doit s'arrêter. Vous vous aimez. Et vous vous retrouverez toutes les semaines. Personne ne part. Personne ne rejette.
Lemony a cessé de trembler.
C'est une bonne chose, parce qu'à ce stade, il est peut-être le seul espoir de Thylas Darkflare.

La main de Jade sur son épaule.
La promesse de ne jamais retourner à Poudlard.
Thylas l'a tenu debout. Elle l'a mené ici.
C'est à son tour.

Les stries de larmes sont encore humides sur ses joues, les cils encore perlés d'eau salée. Ses yeux sont libres de larmes.
Ils sont infiniment doux.
Ils sont surtout rempli de l'amour inconditionnel qui est, d'après Jade, une arme puissante.
Rien que de l'amour, sans jugement, sans la moindre attente, sans le moindre reproche.
— Laisse-moi te toucher, Thylas.
C'est une supplique.
Il sait qu'elle veut sans doute partir, se réfugier loin de tout ce drama.
— Tu m'as aidé aujourd'hui. Tu m'as sauvé cette année. Laisse-moi t'atteindre. Laisse moi t'offrir un peu de paix d'âme et d'esprit. Je suis là. Jade peut partir si tu en as besoin. La conversation est terminée.
Le jeune Serdaigle glisse un regard vers la femme qui hésite encore à les lâcher, mais acquiesce sans souci.
Le reste peut être réglé par lettre.

Même si le ventre de Jade est à l'agonie.
En bas. Là où elle a porté l'enfant près de neuf mois.
Même si son coeur bat sourdement dans sa poitrine.
Même si partir et laisser Lemony alors qu'il vient d'admettre qu'il souffre en permanence depuis, quoi, toujours ? lui demande toute sa force vitale.

Onyx est au domaine.
Il lui partagera la sienne.
C'est un filament qui la retient à Lemony. Un fil de nylon plus épais, peut-être, désormais. Il semble en confiance.
Mais il n'a aucune idée de ce qu'il lui fait traverser.
Il balaie sa présence pour se concentrer sur Thylas. Il n'imagine pas une seconde que Jade puisse en souffrir : à ses yeux, elle est une femme d'affaire et le souci est partiellement réglé, le contrat va être terminé par écrit.
Il n'a fait qu'effleurer du doigt l'inconditionnel amour de Jade. Elle-même se sent dans le brouillard.
Où se situer, entre ces jeux de mondanité et la volonté de l'arracher au monde jusqu'à ce qu'il soit sûr pour lui ?
Où se situer, entre le sourire amusé, presque moqueur, la provocation, et la pure tendresse couplée au féroce amour d'une mère ?
C'est vivre encore la Dépression Post-Partum. La sensation que n'importe qui serait mieux pour l'enfant. La violence, la culpabilité.
C'est trop, et trop proche de son enfant.
Jade a une ancre dans ces situations, et elle est coupante comme un diamant brut, noire comme les tréfonds de la terre, envoûtante comme un feu de cheminée.

— Je suis là. Je sais beaucoup, beaucoup de choses. Je sais que ça ne te va pas complètement. Je sais que ce refuge pour nous deux ne sera assez que tant que l'extérieur n'existera pas.
Il sait que Thylas est seule.
Qu'au moment où elle devra retourner au Manoir Darfklare, tout ce qu'ils auront construits ne résistera pas à l'endroit morbide.
Qu'elle n'a jamais connu que la solitude, en dehors de quelques intermèdes, onze ans durant.
Qu'elle est enfermée dans une tour de verre. Toucher, oui, mais à travers le verre uniquement.
Il n'y a que Lemony qu'elle laissait entrer.
— Je t'aime. Tu n'es pas seule quand je ne suis pas là. Je continue de t'aimer quand je ne suis pas dans la même pièce, tu comprends ? Quand je dors. Quand je suis en colère. Quand je suis loin, trop loin pour entendre qui que ce soit, je t'aime encore et toujours. Ca fait partie de qui je suis. Je crois que chaque globule rouge, chaque plaquette de plasma, que mes veines transportent, transportent aussi mon amour pour toi.
Ce doit être possible, non ?
Après tout, la magie coule aussi dans leur corps et les liens magiques peuvent devenir curieux. Comme une dette de vie même si, Morgane soit loué... ils n'ont pas ça. Il croit.
— Maintenant, Thy'... dis-moi ce que je peux faire.



Livre – Fanfiction
Une Lueur dans l'Ombre
Chroniqueuse VIPère
[Avatar]
Serpentard
2e année
Titre : Re : Lever le voile sur la réalité
Créé : 08/04/2026 à 02:49:35

Thylas resta immobile quelques secondes de plus, complètement dépassée par ce qu’elle avait sous les yeux. Voir Lemony dans cet état lui donnait envie de hurler sur quelqu’un. Sur Jade, probablement parce qu’elle parlait trop, touchait trop et comprenait trop de choses à voix haute. Thylas n’avait pas envie qu’on explique ses sentiments à sa place pendant qu’elle essayait déjà de ne pas exploser.

Alors elle fit ce qu’elle faisait toujours quand tout devenait trop lourd, elle se raccrocha à quelque chose de plus simple. Lemony, ses mains et sa présence. Elle se rapprocha de lui et attrapa ses doigts entre les siens, un peu maladroitement puis, finalement, elle l’attira contre elle dans une étreinte un peu brusque et un peu trop serrée mais sincère. Elle enfouit son visage contre lui une seconde avant de souffler, tout bas.


Hé… je suis là. Arrête de faire comme si j’allais disparaître au moindre drame, c’est vexant.

Sa voix trembla un peu malgré la tentative d’humour mais elle força quand même un sourire parce qu’elle sentait bien que s’ils continuaient dans cette direction, ils allaient juste finir par pleurer tous les deux jusqu’au lendemain matin pendant que Jade les regarderait comme une prophétesse tragique. Thylas releva légèrement la tête et lui lança un regard fatigué, mais plus doux.

Je ne vais nulle part. Je voulais juste que tu choisisses ce qui te ferait le moins mal.

Elle soupira longuement avant de jeter un regard vers la pièce autour d’eux. Elle n’en pouvait plus de cet endroit, de cette conversation, des larmes, des révélations et des regards lourds de sens. Elle avait l’impression d’étouffer entre les murs, avec Jade juste à côté qui avait sûrement encore cinq grandes phrases pleines de sagesse en réserve. Elle se pencha vers lui et murmura contre son oreille, avec ce ton un peu plus léger qu’elle utilisait quand elle essayait de redevenir elle même.

Et si on quittait cet endroit avant que je meure d’ennui ou que ta mère se mette à parler d’âmes sœurs et de destin pendant encore trois heures?

Un très léger sourire passa enfin sur ses lèvres.

On pourrait aller à la confiserie Honeydukes et acheter des chocolats hors de prix, critiquer les gens qu’on croise et prétendre qu’on a une vie parfaitement normale pendant une heure… et retourner au chateau avant que quelqu’un remarque qu’on a disparu.

Sa main glissa dans la sienne avec plus d’assurance cette fois.

Franchement, ça me paraît être un bien meilleur programme que rester ici à suffoquer.

Bienfaiteur du WHP
[Avatar]
Serdaigle
2e année
Titre : Re : Lever le voile sur la réalité
Créé : 11/04/2026 à 02:44:32

L'étreinte de Thylas est peut-être tout ce dont Lemony a besoin pour se sentir en sécurité. Il enfouit son nez dans le cou de la jeune fille et hume son odeur, si familière, qui éclaircit son esprit et lui rappelle qui il est.
Il est Lemony Parlambre, et tant que Thylas respirera, il ne sera jamais seul.

— Hé… je suis là. Arrête de faire comme si j’allais disparaître au moindre drame, c’est vexant.
Il ferme les yeux ; les larmes qui s'y trouvent ou qui perlaient à ses cils tombent aussitôt sur le cou de la Serpentard.
— Ce n'est pas exactement... le moindre drame, murmure-t-il, sa voix rauque et encore difficile.
Il a rouvert des fantômes de son passé. Il lui a appris qu'il était inverti, il s'est mis en colère face à sa réaction de façon entièrement hypocrite, puis il l'a laissée seule.
Et elle s'est effondrée. Il ne sait pas ce qui est passé par son esprit durant son absence, mais elle s'est effondrée.
Puis il y a eu la discussion sur Poudlard, ses suppliques.
En vérité, ce déjeuner est un désastre rempli de drames, et certains sont bien plus profonds que d'autres.

Il la regarde, touche doucement l'une de ses mèches, s'assurant que ses mains sont propres.
C'est à dire qu'il ne tient pas exactement à revivre le drame des paillettes mais avec de la nourriture à la place. Elle le lui pardonnerait peut-être, mais elle se vengerait.
Il lisse doucement les cheveux noirs, très attentif à ne rien tirer, à prendre soin d'un cuir chevelu fragile pendant qu'il remet la mèche derrière son oreille.
— Je t'en ai trop demandé, en trop peu de temps.
Sa voix n'est qu'un souffle. Pourtant, il n'est ni contrit, ni meurtri, à peine triste. C'est un souffle factuel. Ils n'ont pas eu toute l'année pour découvrir ensemble ses difficultés. En moins de six semaines, elle s'est retrouvée à devoir porter le poids de ses secrets, sa souffrance si violente qu'elle crée des tempêtes et fait exploser le verre, ses crises de plus en plus rapprochées.
C'était trop.

— Ce qui me fera le moins mal... répète l'enfant exactement sur le même ton que sa meilleure amie. Physiquement, psychiquement, ou émotionnellement ? Ce qu'a dit ma mère... que le bruit ne fait pas mal... c'est vrai ?
Il n'arrive pas à le croire. Il a toujours évoqué la souffrance causée par le bruit. Personne ne lui a jamais dit que c'était faux. Le Premier Précepteur lui a simplement fait comprendre qu'étant une tapette, il était trop faible pour endurer la douleur.
— Je vais pouvoir me reposer, reposer mes sens au Domaine, déjà. Ma santé mentale s'améliorera lorsque je ne serai pas en constance souffrance physique. Ensuite... Pour l'instant, Poudlard n'est pas pour moi. Le rythme, la foule... les autres élèves... j'ai trop de lacunes à combler. Mais un cottage à Pré-Au-Lard, ce sera parfait. Ne plus te voir régulièrement serait insupportable. Ca l'a été cette année, après tout.
Il lui sourit, son visage et ses yeux remplis d'un amour profond, enfantin, avec toute l'insouciance innocente du monde.

Ils ne savent pas encore que cet été leur apportera une épreuve qui marquera le début d'un violent pallier vers l'âge adulte.
Ils ne savent pas encore que leur rêve d'un cottage ne se réalisera pas à la rentrée. Qu'Elijah rasera Lemony à blanc avant de l'envoyer en Roumanie, qu'il fera partie d'une vague d'adolescents envoyés au combat contre un mage noir et qu'il tombera comme n'importe quel soldat qui n'est qu'un chiffre.
Et heureusement, qu'ils ne le savent pas. Heureusement, l'avenir porte une éclaircie. Le ciel redeviendra bientôt bleu et cela se fera à Poudlard.

Mais en l'instant, ils rêvent juste de cette cabane au bord de l'eau. Pas l'Amazone, mais une petite rivière qui borde Pré-au-Lard, avec Jade à l'intérieur et eux au grand air.

***
— Et si on quittait cet endroit avant que je meure d’ennui ou que ta mère se mette à parler d’âmes sœurs et de destin pendant encore trois heures?

Juste après, Lemony congédie Jade sans avoir conscience de la souffrance dans laquelle se trouve sa mère.
Certaines personnes sont des amoureux qui s'avèrent avoir des enfants, mais qui ne vivent que l'un pour l'autre, sans penser, sans tenter à y intégrer leurs enfants. Ils sont dans un monde où ils sont deux, toujours deux. La parentalité est... annexe. Un hobby. Une occupation quand ils le désirent.
Lemony n'avait pas deux ans lorsque Jade a fermé la bulle et n'a fait que vivre pour Elijah. Emerald n'en a jamais eu la chance. Paradoxal, qu'étant plus âgée, elle n'ait connu qu'Elijah-et-Jade-dans-une-bulle.

Tandis que sa mère quitte l'auberge et que Thylas lui propose de passer à Honeydukes, la pensée effleure le jeune aiglon.
*Pourquoi Jade m'a-t-elle consacré du temps ? Pourquoi la bulle s'est-elle ouverte entre elle et mon père, sans qu'Emerald ne puisse en profiter ? Et pourquoi, alors que nous avons vu cet hiver qu'ils ne sont jamais plus heureux qu'ensemble dans cette bulle, avec nous en arrière plan... pourquoi l'amour de Jade est-il aussi puissant et inconditionnel ? Comme s'il pouvait traverser cette bulle que nous pensions opaque. Comme s'il pouvait la briser ?*
Il les as vu, le regret de la défiance.
Il est inconscient de la souffrance que Jade porte en cet instant, réfugiée auprès de sa propre ancre, mais il a senti un lien réel, tangible, et les regrets intenses.

L'enfant regarde l'endroit par lequel est partie Lady Parlambre. Il désigne le vide du menton, pour tenir Thylas au courant, parce qu'il l'a toujours tenue au courant de ses doutes et déductions.
— C'est ma mère. Jade.
Il ne va pas plus loin.
Ils en ont eu assez aujourd'hui.
Il s'abstient même d'embrayer sur l'idée d'âme-soeur, et si Thylas devine qu'elle échappe à un monologue de dix minutes sur le destin, elle doit en être sacrément soulagée.

Lui, le monologue de sa mère l'a aidé. Il saisit ce qu'elle veut dire. Ce qu'il a trouvé en Thylas est exceptionnel. Sans doute pas prophétisée, et ils ne vivent pas dans l'un de ces mondes où les âmes-soeurs sont affiliées et leurs noms, marqués sur les poignets.
Ca aussi, Lemony s'abstient d'en parler, des livres moldus qu'il a lu sur cette thématique, parce que sa meilleure amie est vraiment épuisée. Probablement l'une des plus grandes preuves de son amour, d'ailleurs, parce qu'il se mordille la lèvre tant il a envie de lui faire passer les informations.

Sachant qu'elle connaît la moindre de ses mimiques par coeur, elle doit s'en douter.

***
— Je n'achète aucun Fondant du Chaudron qui ne vienne pas de France, prévient-il avec cet accent terriblement snob qui fait entièrement partie de lui depuis toujours. Je suis persuadé que la moitié de ces marques sont des récupérations surgelées moldues hors-de-prix vendues aux nigauds. Et les anglais sont catastrophiques en terme de pâtisserie.

Il prend sa main, sent l'enchantement se dissiper derrière eux, entend le léger "pop" qui va avec, et marche avec elle loin de l'auberge.
Il est toujours aussi lent. Il ne fera pas de nouvelles démonstration de sa manière naturelle de marcher avant très, très longtemps. Mais il a le sourire jusqu'aux oreilles et sous le soleil de printemps, ses yeux en amande et son teint presque mat couplé avec le bout pointu des-dites oreilles le font ressembler à un Korrigan malicieux.

Il fait bon, et c'est effectivement une conversation parfaitement normale entre deux premières années qui ont pour habitude de tromper l'ennui en dévisageant une assemblée qui parle tellement longtemps et en se moquant des défauts, des petites choses qu'ils surprennent piles au bon moment.
— Si tu m'offre de nouveau une patacitrouille en prétendant que c'est un morceau de couinesouris à l'orange, je lâche des malices réglisses dans tes cheveux.
Il préfère poser les règles dès le départ.
Certes, c'était idiot de sa part de penser qu'un bonbon parfumé à l'orange aurait cette couleur si foncée.
Et il n'est pas cruel au point de s'attaquer de nouveau aux cheveux de sa meilleure amie.
Mais c'est de bon coeur. C'est un jeu d'enfants, de proposer des sucettes "moldues" en vérité parfumées au sang, d'offrir un paquet de confiserie tout à faits normales en riant intérieurement parce que l'autre se demande quand iel tombera sur le gnome au poivre, le miamhibou ou la gomme de limace cachée au milieu, l'angoisse augmentant face à l'absence de pièges.
Il y a eu la fois où l'un d'entre eux à discrètement saupoudré la glace Fortârome de l'autre avec une poudre pétillante qui faisait cracher du feu. Ou celle où toutes les tartes étaient des crèmes canaries.

Lemony secoue la tête en riant, savourant la façon dont ses cheveux fouettent ses joues. Ce que Thylas a pu lui faire faire, comme bêtises. Elle a toujours su lui faire franchir les limites et créer des souvenirs extraordinaires. Sans elle, il serait probablement resté à lire et dessiner chaque instant de temps libre.

Il se laisse entraîner par la main glissée dans la sienne, trébuchant sous le pas plus rapide. Il laisse Thylas mettre de la distance entre eux et le déjeuner et pour une fois, il l'imite dans la fuite et lâche provisoirement pour ne garder que le moment présent.
Celui du bonheur.



Livre – Fanfiction
Une Lueur dans l'Ombre

Pages : <- 1 2

Le Grand Escalier >> Monde Magique >> Pré-au-lard

Retour en haut de la page



Vous avez besoin d'aide ? Rendez-vous dans la FAQ



Partenaires :
Écoles de Magie : Mana Wyrd - Hogwartsnet
Monde Magique : Fédération du Quadball Français - La Gazette du Sorcier - Wiki Harry Potter - Obscurus Presse - Mimble Mimbus - La Charte du Fandom
Autres : Annuaire google

Toute reproduction en totalité ou en partie est interdite.
Les images et les noms relatifs à Harry Potter sont une propriété de la Warner Bros Corp. et J.K. Rowling.

© 2009-2025 Twelve Grimmauld Place - © 2016 Design par Wilde et Milk Mélon - Mentions légales

Optimisé pour Firefox 4, Google Chrome 6, Safari 5 et Opera 10.5